Samedi 27 juin 2026 restera une journée dont je me souviendrai longtemps.
À 5 h 30, nous étions nombreux du CCG prêts à prendre le départ du Défi des Fondus de l’Ubaye sur les 24 cyclistes du CCG. L’excitation était déjà bien présente (surtout quand c’est une première fois), nourrie par la belle soirée conviviale passée ensemble la veille. Les jambes étaient peut-être un peu lourdes au réveil, mais l’envie de relever ce défi l’emportait largement.
La première ascension, celle de la Bonette, s’est déroulée tranquillement. Tranquille… à la manière de la Bonette ! Une montée interminable qui impose le respect.
Au sommet (2802 m quand même), l’oubli de la validation de mon carnet de route m’a fait perdre mon groupe car j’ai dû remonter le col pour obtenir le fameux tampon. Sur le moment, j’ai cru que la journée allait prendre une tout autre tournure. Heureusement, au pied de la descente, j’ai retrouvé Bernard B.. Il m’a accompagné et soutenu tout au long des deux cols suivants. Ensemble, nous avons traversé des paysages à couper le souffle, notamment la magnifique vallée de Maurin, où la beauté des lieux faisait presque oublier la difficulté de l’évènement.
Quel plaisir d’apercevoir, tout au long de la route, les maillots rouges du CCG. À chaque croisement, un geste, un mot d’encouragement. On ne roule jamais vraiment seul.
Les ravitaillements proposés par l’organisation étaient tout simplement remarquables. À chaque arrêt, des bénévoles souriants, disponibles et bienveillants nous accueillaient avec une énergie communicative. Leur présence a largement contribué à nous aider à repousser nos limites.
Le col de Vars (le 3ème du périple) fut incontestablement le plus chaud de la journée. Impossible de se sentir seul tant les motards et les voitures de sport étaient nombreux. Dommage que certains aient parfois oublié de nous laisser un peu plus d’espace en nous dépassant… Quelques mètres de plus auraient été tout aussi appréciés que le moindre courant d’air !
Après une pause bienvenue à Jausiers pour refaire le plein d’énergie, j’ai finalement retrouvé mon groupe de départ. J’étais bien content de poursuivre cette aventure avec Philippe, son fils Fabien, Olivier et Noël !
L’après-midi nous réservait encore de très beaux moments… et de sacrés défis. Le col de la Cayolle, d’abord, interminable et majestueux, où chaque virage dévoilait un panorama toujours plus beau que le précédent. À mi-ascension, un petit bassin d’eau fraîche nous a offert une parenthèse bienvenue. Quelques minutes les jambes plongées dans l’eau ont suffi à nous redonner un peu de fraîcheur avant de repartir.
Après une descente interminable est venu le col d’Allos. Un col magnifique, mais exigeant. Comme si cela ne suffisait pas, nous nous sommes retrouvés au beau milieu d’un troupeau de moutons, sous l’œil attentif de plusieurs patous. Finalement, ces impressionnants gardiens se sont montrés beaucoup moins dangereux que leur réputation ne le laisse penser.
L’avant-dernier col, Pra Loup, s’est finalement gravi tranquillement. Après toutes les difficultés déjà avalées, il est presque passé inaperçu. Chacun semblait gérer son effort.
Puis est arrivée la bosse finale vers Super Sauze montée à la vitesse d’un escargot au galop. La nuit était tombée, et avec elle une ambiance particulière et une fraîcheur bienvenue. L’obscurité était telle que nous ne distinguions guère plus que quelques mètres devant nous. Dans cette dernière ascension, les jambes (surtout les miennes) criaient grâce, mais le mental prenait le relais.
Lorsque la ligne d’arrivée est enfin apparue, la fatigue s’est aussitôt mêlée à une immense satisfaction : celle d’avoir relevé le défi des sept cols.
À l’arrivée, les visages en disaient long. Chacun affichait un degré de fatigue plus ou moins avancé, mais tous avaient ce sourire si particulier de celles et ceux qui viennent de vivre une aventure hors du commun. Pour ma part, je dois bien reconnaître que je n’en menais pas large ! Le repos qui a suivi était plus que mérité, et je crois que mon lit n’a jamais été aussi accueillant.
Des journées comme celle-ci nous rappellent que les plus beaux défis ne se mesurent pas seulement en kilomètres ou en dénivelé, mais dans la force (et la patience ) d’un groupe, les encouragements et les souvenirs que l’on construit ensemble.
C’est aussi pour cela que le Défi des Fondus de l’Ubaye mérite d’être vécu au moins une fois, partager une passion, vivre des moments d’amitié, découvrir des paysages exceptionnels et soutenir une cause essentielle, la lutte contre la mucoviscidose.
Texte : Yann L.
Photos : Divers membres CCG