30-31/05/2026 Le 600 km de Bénédicte !

Nous sommes 14 à prendre le départ de ce Brevet des Randonneurs Mondiaux (BRM) à 7h. La température est douce et je me retrouve en tête de peloton. On voit que c’est un 600, les gars partent doucement. Le parcours serpente entre les champs, où les coquelicots me saluent.
Au bout d’une quinzaine de kilomètres, je roule seule. Le rythme s’étant progressivement élevé, j’ai préféré décrocher.
L’odeur du foin coupé me chatouille les narines, à l’inverse de celle du purin étendu dans les prés, beaucoup moins agréable.
Les cheminées des centrales du Bugey crachent leur fumée. Un vélo électrique me nargue au loin ; je décide de le rattraper et de le doubler, juste pour le fun. Faut bien passer le temps !
Les petits villages se succèdent, tranquilles à cette heure de la journée. Voilà une jolie petite montée bien raide, avec un léger passage à 15 %, qui m’amène au village de Bellegarde. Ça m’a bien réveillé les muscles des jambes, si toutefois ils étaient encore endormis.
Pont-d’Ain, 10 h, km 76. C’est le premier contrôle. Je retrouve deux participants à la boulangerie, mais les voilà qui repartent déjà. Je m’assieds cinq minutes, le temps de manger ma brioche, de lire quelques messages et de donner des nouvelles à mes fervents supporters et supportrices.
Tiens, un concurrent arrive ! Moi qui croyais être la dernière…
On repart ensemble. Il est de Domène et se prénomme Jacques. Nous faisons un bout de route en commun jusqu’au cimetière de Chavannes-sur-Suran, où je remplis mes gourdes.
Me voilà à nouveau seule. Je profite des paysages de la vallée du Suran et prends quelques photos. (Ce seront les seules, je crois.)
Je retrouve Jacques arrêté en train de se restaurer. Je continue, mon objectif étant de m’arrêter le moins possible.
Pas trop de vie dans cette ville. J’attaque la montée vers Champagnole, où se situe le deuxième contrôle.

Départ St Bonnet de Mure 7h00
Vallée du Suran
Les vignes vers Lons le Saunier (Vins du Jura)
Seurre 23h20

Jacques me rattrape au pied d’une côte et nous roulons ensemble jusqu’à Champagnole, où nous faisons tamponner notre carte de route dans une boulangerie.

Km 192, 15 h 30. Petite restauration sur place : jus de pomme et tarte amandine. Cédric, un autre concurrent, nous rejoint. J’envoie et lis quelques messages et je repars avec Jacques, mais très vite il me distance dans les côtes. J’arrive à recoller dans les descentes, mais je finis par le laisser filer. La route est encore longue ; je préfère garder mon énergie pour la suite.

Alors que, dans une bonne côte, j’ai un petit coup de mou, c’est Cédric qui me rattrape. On va rouler ensemble jusqu’au prochain contrôle, à Salins-les-Bains, km 250, où nous arrivons à 18 h 35.
Petite pause rapide dans un bar : coca et un bout de quiche qu’il me restait. J’avais prévu une pause un peu plus longue ici, mais Cédric, qui a réservé un hôtel à Dole, à 50 km de là, repart déjà.
Je regarde le profil des prochains kilomètres, sensiblement plat. Je décide donc de repartir avec Cédric ; ce sera plus facile à deux !
Cédric roule fort. Je n’arrive pas à prendre de relais et reste dans sa roue, concentrée à ne pas le laisser filer. Les kilomètres défilent. Après une petite incursion dans le département du Doubs, à 10 km de Dole, on rattrape Jacques et on termine ensemble jusqu’à l’entrée de la ville.
Puis chacun vaque à ses occupations : hôtel pour Cédric, Jacques continue, et moi je fais enfin une vraie pause au… McDo, seul endroit ouvert où manger rapidement.

J’en profite pour brancher mes lampes. Il est 21 h et j’ai fait la moitié des kilomètres. J’hésite à mettre un maillot plus chaud, mais la température est encore élevée. Je m’arrêterai plus tard.

Les bidons remplis, ainsi que l’estomac, je repars seule alors que la nuit arrive tout doucement. La lune est grosse et va m’éclairer une bonne partie de la nuit avant qu’elle ne joue à cache-cache avec les nuages.
Prochain contrôle : Seurre, en Côte-d’Or, km 347. Il est 23 h 20. Tout est fermé. Une photo devant le panneau de la ville justifie mon passage.
J’en profite pour mettre un maillot un peu plus chaud.
Je repars sur de petites routes en direction de Beaune. La fatigue commence à se faire sentir. Je tente une pause en retrait de la route, près d’un distributeur à pain, mais je ne suis pas assez fatiguée, ou alors il y a trop de circulation : je n’arrive pas à dormir et je repars.
Je passe Beaune par sa périphérie et roule en direction de Chalon-sur-Saône, où je passe le 400e kilomètre.
Nouvelle tentative pour dormir un peu plus loin dans un village, à nouveau près d’un distributeur de produits frais (ce sont des endroits éclairés, faciles à repérer de nuit), mais celui-ci est bruyant à cause des moteurs des frigos.
Je déménage.
Quelques kilomètres plus loin, à Buxy, sur une station de lavage, je trouve un coin en retrait pour m’installer et piquer un petit roupillon d’une heure.
Le vent s’est levé pendant mon sommeil. Bien qu’encore fatiguée, je décide de repartir. Je crains qu’un orage ne se manifeste.
Des rafales de vent m’accompagnent jusqu’à Cluny (encore un nouveau département traversé : la Saône-et-Loire), lieu du cinquième contrôle, km 455.
Peu avant, trois participants m’ont rejointe et nous déjeunons ensemble. Il est 7 h. Un quatrième s’invite à notre table.
Nous voilà repartis ensemble, mais à des rythmes bien différents. Un beau dénivelé nous attend : 700 m sur 50 km, répartis sur cinq côtes qui font bien mal aux jambes après déjà près de 500 km.
Le groupe de trois, qui m’avait rapidement distancée, s’est arrêté pour dormir un peu. Je les vois étalés dans l’herbe et ne les reverrai qu’à l’arrivée.
Le quatrième monte un peu moins vite et fait également des pauses.
Arrivée au sommet, une très longue descente m’amène à Belleville-sur-Saône. Belle récompense après tous ces efforts.
Pause coca, quiche, brioche. Il est 10 h 30. Il faut prendre des forces pour terminer les 75 kilomètres qui restent.
Un peu de crème sur les fesses pour éviter les irritations et c’est reparti à travers les Dombes et ses montagnes russes. Ces routes droites qui montent et descendent (mais qui montent surtout) sont interminables et épuisantes pour les jambes, mais aussi pour le moral. Ça n’en finit pas.
À 30 km de l’arrivée, le profil change enfin. Je rassemble mes dernières forces pour en finir.
C’est long, 30 km. Très long.
Allez, je me motive en espérant passer sous les 32 heures. Encore 15 km. Je ne regarde plus le paysage, seulement mon compteur et ces kilomètres qui ne défilent plus.
Enfin, je rentre dans Saint-Bonnet-de-Mure. L’arrivée est là.
Le compteur indique 607,79 km en 31 h 39.
Heureuse de l’avoir fait.
Les jambes sont lourdes. Les paupières aussi.
Je retrouve Jacques, arrivé depuis une demi-heure, et je suis surprise d’apprendre que je suis 4e sur 14. Et première femme… (normal, j’étais la seule !)
Au total, 6 départements traversés :
Rhône (69)
Ain (01)
Jura (39)
Doubs (25)
Côte-d’Or (21)
Saône-et-Loire (71)
Merci a l’orga pour ce joli parcours entre l’Auvergne-Rhône-Alpes et la Bourgogne-Franche-Comté.
Merci pour tous les messages d’encouragements reçus. Ça donne du beaume au cœur ❤️
Et maintenant place à la récup’, et je vais pouvoir rêver de Paris Brest Paris.🚴‍♀️

Texte et photos : Bénédicte

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